Et si, pour bien vivre la ménopause, on s'intéressait à l'andropause?
Deux physiologies, deux calendriers
La femme peut vivre des changements relativement identifiables pendant la ménopause tandis que l’homme peut ressentir une évolution plus diffuse, sans forcément la relier à sa physiologie. C'est le 1er décalage dans le couple à cette période.
La ménopause
La ménopause correspond à l’arrêt définitif des menstruations et à une modification importante de la production hormonale ovarienne.
La baisse des œstrogènes peut entraîner des symptômes physiques, sexuels, vasomoteurs et parfois émotionnels.
L'andropause
- Chez l’homme, les hormones évoluent sur plusieurs décennies. La diminution de la testostérone est généralement progressive, variable et non systématique.
- Lorsqu'un changement physique, sexuel, comportemental ou une perte de force musculaire apparait, il ne suffit pas de pointer du doigt la testostérone. Le sommeil, le stress, les maladies chroniques, le métabolisme, le mode de vie, l'environnement et le contexte psychologique entrent aussi dans l'équation.
Quand les répercussions hormonales se rencontrent au sein du couple
L'andropause n'est donc pas l'équivalent masculin de la ménopause.
L'humeur et la disponibilité émotionnelle
Troubles du sommeil, fatigue, troubles de l'humeur, irritabilité ou déprime peuvent toucher l’homme comme la femme, sans les attribuer automatiquement aux hormones.
L'image de soi
Changements corporels, sentiment de vieillir, inquiétudes concernant la séduction ou la capacité sexuelle peuvent modifier la manière de se percevoir et d’entrer en relation.
Charge mentale et transitions de vie
Au delà des changements corporels, les tensions au sein du couple peuvent s'amplifier par:
- les enfants qui quittent le foyer,
- des parents vieillissants,
- une évolution professionnelle,
- des projets personnels variables,
- une adaptation de l'activité physique
- des questionnements existentiels
La libido
Les changements hormonaux peuvent occasionner une diminution du désir chez les deux partenaires. Mais le désir dépend lui aussi du sommeil, de la santé, de la relation, du stress et du contexte de vie.
La sexualité
Sécheresse vaginale, douleurs ou inconfort chez certaines femmes ; troubles de l’érection chez certains hommes; les difficultés sont différentes et peuvent se cumuler, s’entretenir ou conduire à éviter les rapports.
Le piège de dire "c'est hormonal"...
Lorsqu’un partenaire change, il est tentant de centrer l'explication sur les hormones, l’âge, la fatigue ou la crise de la cinquantaine.
Mais distinguons 3 niveaux
- La physiologie peut modifier l’énergie, le sommeil, le désir ou l’humeur. La testostérone n'est pas un chef d'orchestre solitaire. Un organisme fatigué, privé de sommeil, inflammé ou soumis à un stress chronique ne se résume pas à un changement hormonal.
- Le vécu individuel influence la manière dont chacun perçoit et traverse ces changements.
- La dynamique relationnelle détermine comment les difficultés sont exprimées, entendues et prises en compte.
Les trois interagissent.
Une modification physiologique peut contribuer à une difficulté relationnelle. Elle ne permet pas, à elle seule, d’expliquer tous les comportements ni d’exonérer chacun de sa responsabilité dans la relation.
Et si on faisait le point?
Chez l'homme
- La diminution du désir sexuel et les troubles de l'érection sont des motifs pour une évaluation médicale pour notamment explorer la testostérone et rechercher d’autres causes. Mais ne réduisons pas la santé masculine à la testostérone! L'approche globale reste la plus adaptée.
- Le dosage de la testostérone permet d'étayer l'hypothèse d'un lien entre les ressentis et un déficit d'hormones, mais il ne suffit pas d'autant que la testostérone varie avec l'heure, le sommeil, l'état nutritionnel, certaines maladies ou traitements.
- L'apnée du sommeil, le déséquilibre métabolique, l'état psychologique, la médication ..etc...peuvent majorer des gênes moins spécifiques comme la fatigue, l'irritabilité, la moindre motivation et la baisse de concentration.
Pour la femme
- Pour la femme, l'accompagnement dépend des symptômes, du contexte clinique et de ses besoins. Comme pour l'homme un bilan sanguin global avec des marqueurs spécifiquement liés aux désagréments ressentis s'impose.
- Les traitements hormonaux ont leur place dans certaines indications médicales, mais ne constituent pas une réponse automatique à toute difficulté personnelle ou de couple.
- Les deux partenaires peuvent s'intéresser également au sommeil, à l’activité physique, à l’alimentation, à la santé métabolique et à la qualité de la communication. C'est là que la micronutrition, le recours aux plantes, aux huiles essentielles et à la santé mentale prennent tout leur sens, en soutien.
Les approches complémentaires
Les pratiques naturelles peuvent soutenir la santé globale, sans remplacer un traitement nécessaire ni garantir un effet hormonal. Elles s'intègrent à une stratégie globale.
- Les réserves en micronutriments comme celles du fer, du magnésium, de la vitamine D et des vitamines B sont indirectement impliqués dans les niveaux de dopamine, de sérotonine, de gaba ou de mélatonine. Le niveau d'oméga 3 et d'oméga 6 est essentiel, dans l'équilibre hormonal. De manière plus ciblée, l'arginine peut rendre service à bien des hommes.
- Les plantes offrent une réponse adaptée pour la femme comme pour l'homme.
- Pour l'un comme pour l'autre les huiles essentielles permettent de solutionner des désagréments plus ciblés et sur une plus courte durée ou bien de façon séquentielle au cas par cas. Les bouffées de chaleur et les sueurs nocturnes par exemple chez la femme trouvent là une réponse très accessible.
- Egalement pour l'un comme pour l'autre, le champ de la préparation mentale, le biofeedback et le neurofeedback sont des outils qui permettent d'explorer la régulation du système nerveux et les ressources internes. Ils contribuent à les développer pour "bien vieillir".
Dans tous les cas ces choix nécessitent le regard et sinon l'accompagnement, au moins le conseil, d'un professionnel avisé.
En conclusion
- La cinquantaine peut être une période de transition mais elle n'impose pas de renoncer à sa vitalité, à ses projets ni à sa vie intime.
- La démarche la plus efficace consiste à écouter ses ressentis; rechercher les causes des désagréments, évaluer l'état de santé général et choisir les leviers médicaux, nutritionnels, physiques et comportementaux adaptés. La communication dans le couple est encore plus essentielle que les années précédentes.
- Ne cherchez pas à retrouver artificiellement vos 20ans, mais plutôt à comprendre votre fonctionnement actuel pour préserver vos capacités d'adaptation et construire la suite dans les meilleures conditions.
- L'andropause et la ménopause ne sont pas des maladies mais cet article reste informatif et ne remplace pas une consultation médicale.


